30 décembre 2006
Le TASER : Ange ou démon ?
Voici une dépêche AFP que je viens de retrouver et qui me semble faire un bilan interessant sur le TASER :
Le pistolet à impulsions électriques Taser, arme non létale dont la police et la gendarmerie commencent à s'équiper, est défendu par les policiers et leurs syndicats qui y voient une arme "anti bavure" mais dénoncée par Amnesty International qui demande "une évaluation rigoureuse" avant usage. Efficace jusqu'à 6,50 mètres, le Taser X 26 envoie deux dards sur le suspect, lui administrant une décharge de 50.000 volts agissant sur son système nerveux et le tétanisant quelques secondes, le temps de le maîtriser.
A Paris, près de deux cents policiers de terrain ont subi une formation spécifique et sont équipés du Taser, déjà utilisé dans des unités d'élite (RAID, GIPN, GIGN), dans des brigades anticriminalité (BAC) et des pelotons de sécurité et d'intervention (PSI) de la gendarmerie. 1300 Taser, dont 1200 munis de caméras pour filmer son utilisation, sont livrés à la police et 700 le seront à la gendarmerie. Le ministère de la Justice a lancé un appel d'offres au profit de l'Administration pénitentiaire.
Le Taser est plébiscité par le Syndicat des commissaires et des hauts fonctionnaires de la police nationale (SCHFPN) qui en souhaite sa généralisation. La Tribune du commissaire de police, organe du SCHFPN, avait consacré en juin 2005 un long article au Taser qualifiée "d'arme anti-bavure par excellence". Selon la revue, l'utilisation du Taser a réduit de 82 % le nombre de blessures infligées aux policiers par des suspects. "Les policiers qui, eux, ont vu, testé et utilisé le Taser sont à 100 % pour et, dans certaines banlieues parisienne et lyonnaise, le travail est devenu plus simple, plus sûr et plus rapide et le policier plus respecté". Lors des congrès de syndicats de police, le stand de Taser est l'un des stands les plus visités où les policiers viennent tester sur eux-mêmes les effets de l'arme.
Le Taser équipe 4.400 unités de police et établissements pénitentiaires au Canada et aux Etats-Unis. Amnesty International "s'oppose à l'emploi de cette arme" et "demande un moratoire" sur son utilisation "tant qu'une enquête indépendante et impartiale n'aura pu faire une évaluation rigoureuse du risque de son utilisation". Selon Amnesty, depuis 2001, "152 personnes sont mortes aux Etats-Unis suite à l'utilisation du Taser". Tom Smith, président et co-fondateur de Taser International, répète à l'envi que ses armes ne peuvent pas tuer, "comme l'ont démontré des études indépendantes".
En France, la Revue des SAMU publie dans son dernier numéro le compte-rendu de communications sur le Taser lors du Congrès international de cardiologie à Nice en juin. Selon un médecin britannique, le Dr Tony Beetman, sur 2050 interventions avec matraques, flash-balls, armes à feu et Tasers, "on observe l'absence de blessures pour l'utilisateur et pour le sujet cible avec le Taser". Le Journal de médecine légale doit publier prochainement une étude comparative, faite par des médecins de l'hôpital de Garches, de l'utilisation du flash-ball et du Taser.
Commentaire : Si ce que dit le SCHFPN et le Dr Tony Beetman est vrai, je ne comprends pas pourquoi Amnesty International s'offusque des 152 morts sur combien d'utilisations... Si le Taser n'avait pas été là, il y en aurait eu plus ou alors il y aurait eu plus de blessé. Je pense qu'il est absurde de parler d'armes non léthales. Même une matraque peut tuer quelqu'un. Le Taser me semble donc un progrès mais qui doit avoir des conditions d'emploi rigoureuses, comme toute arme...
12:20 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : police, taser


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